Addictions au Togo : ONG RAPAA sonne l'alarme sur les addictions
- Posted on 03/07/2026 15:23
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite de drogue, célébrée le 26 juin 2026 et placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes », ...
À
l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic
illicite de drogue, célébrée le 26 juin 2026 et placée sous le thème « Le
problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses
innovantes », l'ONG Recherche Action Prévention Accompagnement des Addictions
(RAPAA) a organisé une conférence de presse, le 1er juillet 2026 à
Lomé. Cette rencontre a réuni des professionnels des médias, des représentants
du Comité National Anti-Drogue (CNAD), du Programme National des Addictions aux
Produits Psychoactifs (PNAPP), ainsi que des partenaires techniques et des
organisations de la société civile.
L'objectif
était de faire le point sur la situation nationale des addictions, de présenter
les résultats des actions menées et d'échanger sur les réponses à apporter face
à un phénomène qui évolue rapidement.
Les
données présentées au cours de la rencontre montrent l'ampleur du défi. Selon
les statistiques du West African Epidemiology Network on Drug Use (WENDU),
exposées par le CNAD, 1 885 personnes ont été suivies en 2024 pour des
problèmes liés aux addictions. L'alcool représente 55,4 % des consommations
recensées, devant le cannabis (30,1 %). Les personnes âgées de 20 à 44 ans sont
les plus concernées, tandis que l'âge moyen de la première consommation est
estimé à 12 ans, signe d'une exposition de plus en plus précoce des enfants et
des adolescents.
Les
spécialistes observent également une progression de la polyconsommation et
l'apparition de nouvelles substances psychoactives, des évolutions qui
compliquent davantage la prévention et la prise en charge.
Pour
la vice-présidente de RAPAA, Kama-Djonna Akoura, cette journée constitue
avant tout un moment d'évaluation et de réflexion.
« Nous
pensons que cette journée n'est pas une journée de fête. C'est une occasion de
mesurer l'ampleur du phénomène et de voir ce que nous devons faire davantage.
Nous faisons des efforts, mais le phénomène ne se résorbe pas. Les produits
changent, les usages évoluent et nous devons continuellement adapter nos
stratégies de prévention, d'accompagnement et de prise en charge. », a déclaré
la vice-présidente.
Depuis
plus de dix ans, RAPAA intervient dans les communautés à travers des activités
de prévention, de sensibilisation, de réduction des risques, d'accompagnement
psychosocial, de réinsertion et de plaidoyer. L'organisation travaille en
étroite collaboration avec le CNAD, le PNAPP et plusieurs partenaires afin de
promouvoir une réponse coordonnée associant santé, recherche, éducation et
mobilisation communautaire.
Les
données de prise en charge confirment également que les besoins restent
importants. En 2024, près de 60 % des personnes suivies étaient de nouveaux
patients. Dans la plupart des cas, ce sont les familles qui orientent les
personnes vers les structures spécialisées, tandis que la stigmatisation
continue de retarder le recours aux soins.
Le
représentant du PNAPP, Dr Bomboma Matièyédou, estime toutefois que les
efforts engagés commencent à produire des résultats.
« Notre
priorité est d'empêcher les premières consommations grâce à la prévention. Mais
lorsque la consommation devient problématique, il faut permettre aux personnes
d'accéder rapidement aux soins. Aujourd'hui, nous constatons que de plus en
plus de personnes viennent demander de l'aide. Cela montre que, malgré les
défis, nos stratégies commencent à porter leurs fruits. »
Au-delà
des soins, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer le
dépistage précoce, l'accompagnement psychosocial et la réinsertion sociale des
personnes vivant avec une addiction. Ils appellent également à une meilleure
coordination entre les secteurs de la santé, de l'éducation, de la justice et
les organisations de la société civile.
À
la veille des vacances scolaires, RAPAA a adressé un message particulier aux
jeunes et à leurs parents. L'organisation invite les jeunes à privilégier des
activités éducatives, sportives et culturelles afin de réduire leur exposition
aux substances psychoactives, tout en encourageant les familles à jouer
pleinement leur rôle de prévention et d'encadrement.
Les
médias ont également été invités à contribuer à cette mobilisation en diffusant
une information fiable, en sensibilisant les populations et en luttant contre
la stigmatisation des personnes concernées.
Pour
RAPAA, la lutte contre les addictions ne peut produire des résultats durables
qu'à travers une mobilisation collective. Face à un phénomène en constante
mutation, l'innovation, la prévention et l'engagement de tous les acteurs
demeurent les principales réponses pour mieux protéger la jeunesse togolaise et
préserver la santé publique.
Raymond
DZAKPATA