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Addictions au Togo : ONG RAPAA sonne l'alarme sur les addictions

Addictions au Togo : ONG RAPAA sonne l'alarme sur les addictions
Extrait de l'article: À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite de drogue, célébrée le 26 juin 2026 et placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes », ...

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite de drogue, célébrée le 26 juin 2026 et placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes », l'ONG Recherche Action Prévention Accompagnement des Addictions (RAPAA) a organisé une conférence de presse, le 1er juillet 2026 à Lomé. Cette rencontre a réuni des professionnels des médias, des représentants du Comité National Anti-Drogue (CNAD), du Programme National des Addictions aux Produits Psychoactifs (PNAPP), ainsi que des partenaires techniques et des organisations de la société civile.

L'objectif était de faire le point sur la situation nationale des addictions, de présenter les résultats des actions menées et d'échanger sur les réponses à apporter face à un phénomène qui évolue rapidement.

Les données présentées au cours de la rencontre montrent l'ampleur du défi. Selon les statistiques du West African Epidemiology Network on Drug Use (WENDU), exposées par le CNAD, 1 885 personnes ont été suivies en 2024 pour des problèmes liés aux addictions. L'alcool représente 55,4 % des consommations recensées, devant le cannabis (30,1 %). Les personnes âgées de 20 à 44 ans sont les plus concernées, tandis que l'âge moyen de la première consommation est estimé à 12 ans, signe d'une exposition de plus en plus précoce des enfants et des adolescents.

Les spécialistes observent également une progression de la polyconsommation et l'apparition de nouvelles substances psychoactives, des évolutions qui compliquent davantage la prévention et la prise en charge.

Pour la vice-présidente de RAPAA, Kama-Djonna Akoura, cette journée constitue avant tout un moment d'évaluation et de réflexion.

« Nous pensons que cette journée n'est pas une journée de fête. C'est une occasion de mesurer l'ampleur du phénomène et de voir ce que nous devons faire davantage. Nous faisons des efforts, mais le phénomène ne se résorbe pas. Les produits changent, les usages évoluent et nous devons continuellement adapter nos stratégies de prévention, d'accompagnement et de prise en charge. », a déclaré la vice-présidente.

Depuis plus de dix ans, RAPAA intervient dans les communautés à travers des activités de prévention, de sensibilisation, de réduction des risques, d'accompagnement psychosocial, de réinsertion et de plaidoyer. L'organisation travaille en étroite collaboration avec le CNAD, le PNAPP et plusieurs partenaires afin de promouvoir une réponse coordonnée associant santé, recherche, éducation et mobilisation communautaire.

Les données de prise en charge confirment également que les besoins restent importants. En 2024, près de 60 % des personnes suivies étaient de nouveaux patients. Dans la plupart des cas, ce sont les familles qui orientent les personnes vers les structures spécialisées, tandis que la stigmatisation continue de retarder le recours aux soins.

Le représentant du PNAPP, Dr Bomboma Matièyédou, estime toutefois que les efforts engagés commencent à produire des résultats.

« Notre priorité est d'empêcher les premières consommations grâce à la prévention. Mais lorsque la consommation devient problématique, il faut permettre aux personnes d'accéder rapidement aux soins. Aujourd'hui, nous constatons que de plus en plus de personnes viennent demander de l'aide. Cela montre que, malgré les défis, nos stratégies commencent à porter leurs fruits. »

Au-delà des soins, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer le dépistage précoce, l'accompagnement psychosocial et la réinsertion sociale des personnes vivant avec une addiction. Ils appellent également à une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de l'éducation, de la justice et les organisations de la société civile.

À la veille des vacances scolaires, RAPAA a adressé un message particulier aux jeunes et à leurs parents. L'organisation invite les jeunes à privilégier des activités éducatives, sportives et culturelles afin de réduire leur exposition aux substances psychoactives, tout en encourageant les familles à jouer pleinement leur rôle de prévention et d'encadrement.

Les médias ont également été invités à contribuer à cette mobilisation en diffusant une information fiable, en sensibilisant les populations et en luttant contre la stigmatisation des personnes concernées.

Pour RAPAA, la lutte contre les addictions ne peut produire des résultats durables qu'à travers une mobilisation collective. Face à un phénomène en constante mutation, l'innovation, la prévention et l'engagement de tous les acteurs demeurent les principales réponses pour mieux protéger la jeunesse togolaise et préserver la santé publique.

Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite de drogue, célébrée le 26 juin 2026 et placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes », ...

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