Alerte : éviter l'excès de paracétamol
- Posted on 08/05/2025 19:06
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- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Aujourd'hui, face à un simple mal de tête, une légère fatigue ou quelques courbatures, le réflexe est souvent rapide : se tourner vers le paracétamol. Ce médicament est devenu un incontournable de nos pharmacies familiales. Il soulage efficacement le
Aujourd'hui,
face à un simple mal de tête, une légère fatigue ou quelques courbatures, le
réflexe est souvent rapide : se tourner vers le paracétamol. Ce médicament est
devenu un incontournable de nos pharmacies familiales. Il soulage efficacement
les douleurs légères à modérées et fait baisser la fièvre. Sa facilité d'accès
et sa perception de médicament sûr masquent un danger réel, non seulement en
cas de surdosage mais aussi parfois à doses habituelles.
Le
paracétamol est principalement administré par voie orale, sous forme de
comprimés, gélules, sachets, suppositoires ou encore sirop chez les plus petits.
Son efficacité repose sur sa capacité à inhiber la production de
prostaglandines dans le cerveau. Ces substances sont impliquées dans la
sensation de douleur et l'augmentation de la température corporelle. Le
paracétamol agit ainsi comme antalgique contre la douleur et antipyrétique
contre la fièvre.
La
posologie habituelle pour un adulte varie de 500 mg à 1 g par prise,
renouvelable toutes les 4 à 6 heures sans dépasser 4 grammes par jour. Il
existe sous différents dosages, et il est crucial d'adapter la dose à l'âge et
au poids, en suivant les recommandations médicales et de la notice.
Lésions hépatiques graves
Un
surdosage en paracétamol peut entraîner des lésions sévères au foie. Une prise
prolongée à forte dose peut aussi causer des lésions progressives. Les cellules
du foie ainsi dégradent perturbent sévèrement son fonctionnement. Ceci est une
urgence médicale, pouvant se manifester par une jaunisse et des troubles de la
coagulation. Il est possible de n’avoir qu’une fatigue, des douleurs au ventre
ou une perturbation de la digestion. Le plus alarmant est qu’au début, il peut
n’y avoir aucun symptôme.
Atteinte rénale
Dans
des conditions normales, le paracétamol n’a pas d’effet néfaste sur les reins. L'atteinte
des reins est une complication sérieuse d'un surdosage, surtout en cas de
lésions importantes au foie. Les substances toxiques produites dans le foie
peuvent atteindre les reins et entraver leur fonctionnement.
Des
analyses de la fonction rénale peuvent révéler des niveaux anormaux de
créatinine et une diminution de la filtration glomérulaire. La défaillance
rénale complique l'élimination du paracétamol et réduit l'efficacité de
l'antidote.
Symptômes initiaux trompeurs
Les premiers signes d'une
intoxication au paracétamol sont souvent vagues : nausées, vomissements,
fatigue et douleurs abdominales diffuses. Apparaissant dans les 24 heures
suivant l'ingestion excessive. Ces symptômes non spécifiques ou ce manque de
signes alarmants immédiats peuvent retarder la consultation médicale, réduisant
ainsi les chances d’une prise en charge efficace.
Problèmes de coagulation sanguine
L'excès
de paracétamol peut aussi altérer la production des facteurs de coagulation par
le foie, entraînant des problèmes de coagulation et des saignements internes.
Risque de coma
L'insuffisance
de fonctionnement du foie, lorsqu’elle n’est pas traitée peut évoluer vers une souffrance
du cerveau en raison des toxines accumulées. Cette accumulation de toxines dans
le cerveau provoque des troubles neurologiques graves, allant de la confusion
aux convulsions et au coma, avec un risque élevé de décès.
Risques cardiovasculaires
Prendre du paracétamol sur de longues périodes pourrait augmenter la tension artérielle et le risque de troubles cardiaques. Une mise en garde, de la part d'un groupe de chercheurs écossais de la University of Edinburgh, a été publiée dans la revue scientifique « Circulation ». Prendre du paracétamol régulièrement peut augmenter la pression artérielle chez les hypertendus. D’après l’étude « Paracetamol: not as safe as we thought? A systematic literature review of observational studies» publiée par la revue britannique « Annals of The Rheumatic Diseases », le paracétamol est ainsi susceptible d'accroître de 20% le risque de maladies cardiovasculaires, infarctus ou accident vasculaire-cérébral (AVC).

Problèmes gastro-intestinaux
Une consommation régulière de paracétamol, peut entraîner des
saignements digestifs et des ulcérations. Bien que le mécanisme exact reste à
préciser, le paracétamol pourrait altérer la protection de la paroi
intestinale, favorisant l’inflammation ou les lésions. Le paracétamol, pris en
grande quantité ou pendant une durée prolongée, peut causer des irritations de
l’estomac et des intestins. Cela peut entraîner une augmentation des nausées,
des vomissements et des diarrhées.
Décès
Dans
les cas les plus graves de surdosage non traité, des troubles neurologiques
comme la confusion, la somnolence et le coma peuvent survenir. La mortalité
peut atteindre 50 % sans traitement rapide. L'atteinte rénale, bien que moins
fréquente, peut aussi survenir.
Danger pour la grossesse
Lorsqu’on
est enceinte, il est fortement déconseillé de pratiquer l’automédication. Même
lorsqu’il s’agit de médicaments perçus comme inoffensifs comme le paracétamol.
C’est ce que met en lumière une étude internationale publiée dans la revue « Nature Reviews Endocrinology ».
Selon ses 91 auteurs, experts dans différentes spécialités, la consommation de
paracétamol pendant la grossesse peut altérer le développement du fœtus,
ce qui pourrait augmenter les risques de certains troubles neurodéveloppementaux,
reproductifs et urogénitaux. Des
recherches de l'université de Bristol ont établi un lien entre la prise de
paracétamol entre la 18è et la 32è semaine de grossesse
et des problèmes comportementaux tels que l'hyperactivité et les troubles de
l'attention chez les jeunes enfants.
Il est important de respecter les
instructions sur la notice ou celles du professionnel de santé. Prêter
attention aux réactions de l'organisme lorsqu'on prend quelque
médicament que ce soit. En cas de doute ou de persistance des symptômes, il
faut consulter un professionnel de santé ou retourner voir le prescripteur. La
prudence est de mise face à ce médicament courant.
William O. & Esther KOLANI
Article validé par Dr Jean-Claude
Bakpatina, Médecin généraliste à la clinique « Floréal » à Lomé