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Santé mentale : 26 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre s'engagent à accélérer les réformes d'ici 2030

Santé mentale : 26 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre s'engagent à accélérer les réformes d'ici 2030
Extrait de l'article: Les experts et les responsables de l'action politique de 26 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, réunis du 15 au 18 juillet à Lomé, à l'initiative du Bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique, ont réaffirmé leur e
Les experts et les responsables de l'action politique de 26 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, réunis du 15 au 18 juillet à Lomé, à l'initiative du Bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique, ont réaffirmé leur engagement à renforcer les systèmes de santé mentale. L’objectif de la rencontre est de développer des services accessibles, fondés sur les droits humains et intégrés aux soins de santé primaires, conformément aux ambitions régionales fixées pour 2030. Elle est placée sous le thème: « Accélérer les progrès vers les objectifs 2030 de la Région africaine en matière de santé mentale ».

Pendant quatre jours, Lomé a accueilli la Réunion d'apprentissage interpays sur la santé mentale en Afrique de l'Ouest et du Centre. Organisée par le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique avec l'appui d'Akwaaba Trust, cette rencontre a réuni des experts, des responsables gouvernementaux et des partenaires techniques venus de 26 pays afin de faire le point sur les progrès réalisés et d'identifier les actions prioritaires pour améliorer la prise en charge de la santé mentale dans la sous-région.

Les travaux ont permis aux participants d'échanger sur les bonnes pratiques, de partager les expériences nationales et de définir des mesures concrètes visant à rapprocher les services de santé mentale des communautés.

Des progrès, mais des défis persistants

Malgré une mobilisation politique grandissante, les indicateurs montrent que la santé mentale demeure un secteur insuffisamment développé dans la Région africaine.

À ce jour, 29 des 47 États membres de la Région disposent d'une politique ou d'une stratégie nationale de santé mentale. Toutefois, seuls 17 pays ont aligné ces documents sur les normes internationales relatives aux droits humains. Plus préoccupant encore, seulement sept États ont effectivement intégré les services de santé mentale dans les soins de santé primaires, pourtant considérés comme la porte d'entrée essentielle vers des soins accessibles à tous.

Pour le Dr Benido Impouma, Directeur de la promotion de la santé, de la prévention et du contrôle des maladies au Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, les progrès réalisés doivent désormais être consolidés. « Toute personne vivant avec un trouble de santé mentale mérite d'être traitée avec dignité, respect et bienveillance. Des progrès ont certes été accomplis, mais nous devons redoubler d'efforts pour renforcer les soins fondés sur les droits et centrés sur les communautés, tout en bâtissant des systèmes de santé résilients qui garantissent que personne n'est laissé de côté », a-t-il déclaré.

Dr Hamadou Nouhou, Représentant de l'OMS Togo

De même, pour le Représentant de l’OMS Togo, Dr Hamadou Nouhou, la santé mentale est une ressource essentielle qui permet à chacun de réaliser son plein potentiel. Les défis restent importants, mais ils ne sont pas insurmontables. « En renforçant l'action multisectorielle, en garantissant des investissements durables et en intégrant davantage la santé mentale aux soins de santé primaires, nous pouvons améliorer durablement les résultats en matière de santé mentale et bâtir un avenir plus sain pour les générations à venir », a-t-il précisé.

Vers des services plus accessibles et plus inclusifs

Les échanges ont largement porté sur l'intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires, le développement des services communautaires et la participation active des personnes ayant une expérience vécue des troubles mentaux à l'élaboration des politiques publiques.

Les participants ont également plaidé pour le renforcement des cadres législatifs afin de mieux protéger les droits des personnes vivant avec des troubles de santé mentale. Ils ont insisté sur une collaboration plus étroite entre les secteurs de la santé, de l'éducation, de la protection sociale et de la justice.

L’autre priorité a été l'extension du Programme d'action « Combler les lacunes en santé mentale » (mhGAP) de l'OMS, qui permet de former des professionnels de santé non spécialisés à la prise en charge des troubles mentaux dans les zones où les psychiatres et psychologues sont peu nombreux.

Le financement au centre des préoccupations

La question du financement durable a occupé une place importante au cours des discussions. Les délégations ont exploré différentes pistes pour accroître les investissements nationaux tout en renforçant l'appui des partenaires techniques et financiers.

Dr Kate Martin, Responsable du développement du secteur et de l'experience vécue - Wellcome Trust

Le Dr Kate Martin, responsable du développement du secteur et de l'expérience vécue à Wellcome Trust, a rappelé que les obstacles à l'accès aux soins restent nombreux. « Les obstacles à l'amélioration de l'accès aux soins de santé mentale sont d'ordre politique, financier, culturel et institutionnel. Y remédier exige une action coordonnée, un engagement durable et une collaboration véritable entre toutes les parties prenantes afin de susciter un changement significatif », a-t-elle souligné.

Une priorité pour les urgences et les jeunes

Les participants ont également insisté sur la nécessité d'intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans les dispositifs de préparation et de réponse aux urgences sanitaires et humanitaires. Les enseignements tirés des épidémies d'Ebola et d'autres crises démontrent l'importance d'accompagner les populations avant, pendant et après les situations d'urgence.

Une session spécifique consacrée à la santé mentale des enfants et des adolescents a permis à de jeunes défenseurs de participer directement aux débats et de partager leurs attentes en matière de politiques publiques adaptées à leur réalité.

Dr Wotobé Kokou, Secrétaire Général du Ministère de la Santé au Togo 

Pour le Dr Wotobe Kokou, Secrétaire général du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances du Togo, seule une coopération régionale renforcée permettra de répondre à l'ampleur des besoins. « Face à l'ampleur croissante des problèmes de santé mentale, il est impératif de renforcer la coopération régionale, favoriser l'accès aux services de santé mentale et lutter contre la stigmatisation qui empêche encore de nombreuses personnes de solliciter les soins dont elles ont besoin », a-t-il affirmé.

Cap sur les objectifs 2030

La rencontre de Lomé était la deuxième d'une série de consultations sous-régionales organisées par l'OMS, après celle tenue à Johannesburg en mai 2026 pour l'Afrique orientale et australe.

Ces consultations accompagnent les États membres dans l'atteinte des objectifs régionaux fixés à l'horizon 2030. Ceux-ci prévoient notamment que tous les pays disposent d'une politique nationale de santé mentale, que 70 % consacrent une ligne budgétaire spécifique à ce domaine, que 95 % assurent un suivi régulier des indicateurs de santé mentale et que 60 % intègrent effectivement ces services dans les soins de santé primaires.

Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

Les experts et les responsables de l'action politique de 26 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, réunis du 15 au 18 juillet à Lomé, à l'initiative du Bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique, ont réaffirmé leur e

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