Nous acceptons les paiements via santé éducation

La saison des pluies s'accompagne d'une hausse des cas de paludisme

La saison des pluies s'accompagne d'une hausse des cas de paludisme
Extrait de l'article: Le Groupe technique Climat-Santé a publié en juin dernier le 5ᵉ numéro du Bulletin de la prévision climatique et sanitaire du mois de Mai 2026, qui met en lumière les liens entre les conditions météorologiques et l’évolution de plusieurs maladies cli

Le Groupe technique Climat-Santé a publié en juin dernier le 5ᵉ numéro du Bulletin de la prévision climatique et sanitaire du mois de Mai 2026, qui met en lumière les liens entre les conditions météorologiques et l’évolution de plusieurs maladies climato-sensibles au Togo.

Les données couvrant la période de juin 2025 à mai 2026 montrent que si le climat influence fortement la propagation des maladies, les infrastructures d’assainissement, l’accès à l’eau potable et les comportements des populations restent des facteurs déterminants.

L’analyse révèle d’abord que le paludisme est la maladie dont l’évolution est la plus étroitement liée aux précipitations. Les cas augmentent de manière relativement régulière après les épisodes pluvieux, les eaux stagnantes favorisant la prolifération des moustiques vecteurs.

Les auteurs du bulletin soulignent toutefois que cette dynamique est amplifiée par plusieurs facteurs. L’insuffisance de l’assainissement en milieu urbain et rural, l’aménagement des bas-fonds agricoles créant des micro-gîtes larvaires, ainsi que la faible utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MILDA) ou le recours tardif aux soins contribuent à maintenir la transmission de la maladie.

 La Binah enregistre 298 cas de maladies diarrhéiques pour 100 000 habitants

Les chiffres concernant les maladies diarrhéiques mettent en évidence une situation plus complexe. Contrairement aux idées reçues, les fortes pluies ne sont pas les seules responsables des flambées épidémiques.

Selon le bulletin, les fortes précipitations peuvent contaminer les sources d’eau par ruissellement et lessivage. Mais les taux d’attaque les plus élevés sont parfois observés pendant la saison sèche, lorsque la rareté de l’eau oblige les populations à utiliser des sources non protégées, où les agents pathogènes sont davantage concentrés.

Le district de Binah, dans la partie septentrionale du pays, présente le taux d’attaque le plus élevé, avec 298 cas pour 100 000 habitants, alors que les précipitations cumulées atteignaient 215 mm.

Les analyses montrent par ailleurs que les hausses et les baisses de cas sont enregistrées aussi bien durant la saison sèche que pendant les périodes de faibles ou de fortes pluies, preuve que les maladies diarrhéiques ne suivent pas un cycle climatique unique.

Cette situation est aggravée par les déficits en infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement (WASH), la défécation à l’air libre ainsi que les difficultés économiques limitant l’accès à une eau potable de qualité.

À Tône, 13 cas d’IRAS pour 100 000 habitants
avec un taux d’humidité de 68 %

Le 5ᵉ Bulletin Climat et Santé  s’est également intéressé aux infections respiratoires aiguës sévères (IRAS). Les résultats montrent que la relation entre l’humidité et ces infections est loin d’être linéaire. Dans les districts de Wawa et de Tône, les courbes comparant l’évolution de l’humidité et des cas d’IRAS ne progressent pas de manière synchronisée.

Le district de Tône  affiche ainsi le  taux d’attaque le plus élevé , avec 13 cas pour 100 000 habitants, pour un taux d’humidité de 68 %.

Les experts expliquent que les infections respiratoires peuvent apparaître dans des contextes climatiques très différents. Un air sec, chargé de poussières, fragilise les muqueuses respiratoires, tandis qu’un air très humide et chaud favorise le développement des allergènes et de certains agents pathogènes.

À ces facteurs climatiques s’ajoutent des éléments environnementaux et sociaux comme la pollution de l’air intérieur, l’exposition aux poussières, la promiscuité ou encore les logements mal ventilés.

Le climat ne suffit pas à expliquer les risques sanitaires

À travers cette cinquième édition du Bulletin Climat et Santé , les techniciens du Groupe Climat-Santé rappelle que les paramètres météorologiques constituent un indicateur important pour anticiper les risques sanitaires, mais qu’ils ne suffisent pas à eux seuls à expliquer l’évolution des maladies.

Le renforcement de l’assainissement, l’amélioration de l’accès à l’eau potable, l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées et la sensibilisation des populations demeurent des leviers essentiels pour réduire durablement les effets des maladies climato-sensibles au Togo.

Jean ELI (Source : vert-togo)

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

Le Groupe technique Climat-Santé a publié en juin dernier le 5ᵉ numéro du Bulletin de la prévision climatique et sanitaire du mois de Mai 2026, qui met en lumière les liens entre les conditions météorologiques et l’évolution de plusieurs maladies cli

VOUS POURRIEZ AUSSI AIMER