La saison des pluies s'accompagne d'une hausse des cas de paludisme
- Posted on 15/07/2026 16:43
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- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Le Groupe technique Climat-Santé a publié en juin dernier le 5ᵉ numéro du Bulletin de la prévision climatique et sanitaire du mois de Mai 2026, qui met en lumière les liens entre les conditions météorologiques et l’évolution de plusieurs maladies cli
Le
Groupe technique Climat-Santé a publié en juin dernier le 5ᵉ numéro du
Bulletin de la prévision climatique et sanitaire du mois de Mai 2026,
qui met en lumière les liens entre les conditions météorologiques et
l’évolution de plusieurs maladies climato-sensibles au Togo.
Les
données couvrant la période de juin 2025 à mai 2026 montrent que si le climat
influence fortement la propagation des maladies, les infrastructures
d’assainissement, l’accès à l’eau potable et les comportements des populations
restent des facteurs déterminants.
L’analyse
révèle d’abord que le paludisme est la maladie dont l’évolution est la plus
étroitement liée aux précipitations. Les cas augmentent de manière relativement
régulière après les épisodes pluvieux, les eaux stagnantes favorisant la
prolifération des moustiques vecteurs.
Les
auteurs du bulletin soulignent toutefois que cette dynamique est amplifiée par
plusieurs facteurs. L’insuffisance de l’assainissement en milieu urbain et
rural, l’aménagement des bas-fonds agricoles créant des micro-gîtes larvaires,
ainsi que la faible utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide
(MILDA) ou le recours tardif aux soins contribuent à maintenir la transmission
de la maladie.
La
Binah enregistre 298 cas de maladies diarrhéiques pour 100 000 habitants
Les
chiffres concernant les maladies diarrhéiques mettent en évidence une situation
plus complexe. Contrairement aux idées reçues, les fortes pluies ne sont pas
les seules responsables des flambées épidémiques.
Selon
le bulletin, les fortes précipitations peuvent contaminer les sources d’eau par
ruissellement et lessivage. Mais les taux d’attaque les plus élevés sont
parfois observés pendant la saison sèche, lorsque la rareté de l’eau oblige les
populations à utiliser des sources non protégées, où les agents pathogènes sont
davantage concentrés.
Le
district de Binah, dans la partie septentrionale du pays, présente le taux
d’attaque le plus élevé, avec 298 cas pour 100 000 habitants, alors que les
précipitations cumulées atteignaient 215 mm.
Les
analyses montrent par ailleurs que les hausses et les baisses de cas sont
enregistrées aussi bien durant la saison sèche que pendant les périodes de
faibles ou de fortes pluies, preuve que les maladies diarrhéiques ne suivent
pas un cycle climatique unique.
Cette
situation est aggravée par les déficits en infrastructures d’eau, d’hygiène et
d’assainissement (WASH), la défécation à l’air libre ainsi que les difficultés
économiques limitant l’accès à une eau potable de qualité.
À
Tône, 13 cas d’IRAS pour 100 000 habitants
avec un taux d’humidité de 68 %
Le
5ᵉ Bulletin Climat et Santé s’est également intéressé aux infections
respiratoires aiguës sévères (IRAS). Les résultats montrent que la relation
entre l’humidité et ces infections est loin d’être linéaire. Dans les districts
de Wawa et de Tône, les courbes comparant l’évolution de l’humidité et des cas
d’IRAS ne progressent pas de manière synchronisée.
Le
district de Tône affiche ainsi le taux d’attaque le plus élevé ,
avec 13 cas pour 100 000 habitants, pour un taux d’humidité de 68 %.
Les
experts expliquent que les infections respiratoires peuvent apparaître dans des
contextes climatiques très différents. Un air sec, chargé de poussières,
fragilise les muqueuses respiratoires, tandis qu’un air très humide et chaud
favorise le développement des allergènes et de certains agents pathogènes.
À
ces facteurs climatiques s’ajoutent des éléments environnementaux et sociaux
comme la pollution de l’air intérieur, l’exposition aux poussières, la
promiscuité ou encore les logements mal ventilés.
Le
climat ne suffit pas à expliquer les risques sanitaires
À
travers cette cinquième édition du Bulletin Climat et Santé , les techniciens du
Groupe Climat-Santé rappelle que les paramètres météorologiques constituent un
indicateur important pour anticiper les risques sanitaires, mais qu’ils ne
suffisent pas à eux seuls à expliquer l’évolution des maladies.
Le
renforcement de l’assainissement, l’amélioration de l’accès à l’eau potable,
l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées et la sensibilisation
des populations demeurent des leviers essentiels pour réduire durablement les
effets des maladies climato-sensibles au Togo.
Jean ELI (Source : vert-togo)