Bipolarité : sévère maladie mentale
- Posted on 03/06/2025 17:23
- Film
- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Longtemps connu sous le nom psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire est une maladie mentale sévère qui touche un nombre croissant de personnes dans le monde. Pourtant, il s’écoule en moyenne 10 ans entre les premiers signes de la maladie...
Longtemps connu sous le nom psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire est une maladie mentale sévère qui touche un nombre croissant de personnes dans le monde. Pourtant, il s’écoule en moyenne 10 ans entre les premiers signes de la maladie et l’instauration d’un traitement adapté. Pendant ce laps de temps, la souffrance peut être immense, avec un risque élevé de suicide ; 1 personne bipolaire sur 2 fera au moins une tentative au cours de sa vie, et environ 15 % décèderont par suicide.
Le
trouble bipolaire se manifeste par une alternance de phases d'exaltation (accès
maniaques) et de phases de profonde dépression. Ces épisodes peuvent durer
plusieurs semaines voire plusieurs mois, et leur intensité varie selon les
individus.
Les
facteurs sont multiples, notamment, les facteurs génétiques, la consommation
excessive d’alcool ou de drogues, ou encore certains stress intenses non gérés
ou mal gérés.
Signes
d’un accès maniaque
Durant
la phase maniaque, la personne semble « survoltée ». L’euphorie
déborde et les comportements deviennent excessifs. Les principaux symptômes
sont l’excitation, l’agitation motrice importante, le flux de paroles rapide et
ininterrompu, la volubilité c’est-à-dire la personne parle vite, avec aisance
et sans pause.
D’autres
symptômes sont notamment, l’humeur excessivement euphorique c’est-à-dire tout
paraît facile, la personne est dans une énergie positive débordante, les comportements
impulsifs et risqués par exemple les achats inconsidérés, les prises de
décisions irréfléchies, la libido élevée, les pensées désorganisées, la fuite
des idées. L’hyperactivité constante, sommeil quasi absent sans fatigue
apparente, la confiance excessive en soi, voire mégalomanie, et parler à des
inconnus, comportement inapproprié.
Une
personne en phase maniaque peut par exemple décider, en pleine nuit,
d’escalader une montagne ou de lancer un projet irréaliste, sans conscience du
danger ou des limites.
Symptômes
d’un accès dépressif
À
l’opposé de l’exaltation, la phase dépressive plonge l’individu dans une grande
souffrance. Les signes sont parfois confondus avec une dépression classique,
mais ils s'inscrivent dans une alternance cyclique.
La
Fatigue intense et sentiment d’incapacité, l’insomnie ou sommeil non réparateur,
les troubles digestifs et perte d’appétit, la perte de libido, les difficultés
de concentration et de prise de décision, le sentiment de dévalorisation,
culpabilité excessive sont des signes.
La vision sombre du monde, pessimisme, les idées suicidaires récurrentes, avec un risque réel de passage à l’acte. La personne peut rester alitée, incapable d’assumer les tâches quotidiennes les plus simples. Elle se sent inutile, dévalorisée exprimant une estime de soi faible, voire très faible, incapable, parfois même coupable d’exister. Chez certaines personnes, les épisodes peuvent être unipolaires, c’est-à-dire plus marqués par la manie ou la dépression ; ou mixtes c’est-à-dire alternance des deux phases précitées.
Une
altération du lien avec la réalité
Ce
qui caractérise aussi le trouble bipolaire, c’est l’altération du lien avec la
réalité durant les deux phases surtout dans la phase de l’humeur exaltée. Et là
concomitamment, la personne peut aussi présenter des symptômes psychotiques. Le
malade ne se rend pas compte qu’il est malade. Il peut être dans un déni total
de ses troubles. Chez certaines personnes, le trouble bipolaire peut se
compliquer en psychose pure.
Entre
deux épisodes, la personne peut toutefois retrouver un fonctionnement normal.
Elle peut travailler, interagir avec son entourage, et donner l’impression
d’aller bien. Ce qui rend le diagnostic encore plus difficile.
Prise
en charge
La prise en charge repose sur une combinaison de traitements médicamenteux et psychothérapeutiques. Sans traitement, les phases peuvent durer jusqu’à 6 mois. Avec un traitement adapté, une amélioration peut être observée en quelques semaines. Dans certains cas graves, une hospitalisation sous contrainte peut s’avérer nécessaire, notamment pour prévenir un suicide ou protéger la personne de comportements dangereux.
Le
trouble bipolaire est une maladie mentale complexe et sérieuse, qui nécessite
une prise en charge précoce et adaptée. Repérer les signes, comprendre le
fonctionnement des phases maniaques et dépressives, et accompagner la personne
sans jugement sont des étapes essentielles pour lui offrir un mieux-être
durable. Si
une personne ou un proche parent, présente des symptômes évoquant un trouble
bipolaire, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé. Un
diagnostic précoce peut faire toute la différence.
Raymond
DZAKPATA
Article
validé par Dr Zinsou Selom Degboe, Psychologue clinicien et Psychothérapeute à
la Clinique de Psychiatrie et de Psychologie Médicale (CPPM) au CHU Campus de
Lomé