Tuberculose au Togo : une charte pour engager les patients dans le processus de guérison
- Posted on 22/05/2024 13:43
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Le Togo, connu comme un pays à forte endémie tuberculeuse poursuit ses efforts pour faire obstacle à cette maladie. En 2023, 3 133 cas de tuberculose toutes formes confondues ont été dépistées. Cette statistique plus ou moins élevée résulte de la dét
Le
Togo, connu comme un pays à forte endémie tuberculeuse poursuit ses efforts
pour faire obstacle à cette maladie. En 2023, 3 133 cas de tuberculose toutes
formes confondues ont été dépistées. Cette statistique plus ou moins élevée
résulte de la détermination des différents acteurs impliqués à sauver des vies
à travers nombre d’interventions mises en œuvre sur toute l’étendue du
territoire. Afin d’amener les patients atteints de tuberculose à s’impliquer
personnellement dans la lutte contre cette maladie, le Programme National de
Lutte contre la Tuberculose (PNLT) a jugé utile de mettre en place un cadre
juridique. C’est dans ce sillage qu’un atelier de cinq jours a été organisé
pour élaborer une charte des patients tuberculeux. Cet atelier a regroupé une vingtaine de
participants à Tsévié dans le Sud Togo du 06 au 10 mai 2024.
« Celui qui ne
veut pas s'aider ne peut être aidé par personne ». Cette citation de Johann
Heinrich Pestalozzi, le PNLT l’a parfaitement intégré et s’en est fait une
ligne de conduite. Ce programme national, qui dépiste et traite les personnes
en proie à la tuberculose au Togo, veut davantage faire de ces derniers des acteurs
de leur propre guérison. Ceci en engageant leur responsabilité dans le
processus de guérison. Une chose est d’administrer des soins à un patient, c’en
est une autre que ce dernier suive scrupuleusement les traitements prescrits.
D’où la création de la Charte des patients tuberculeux qui explique les droits
et les obligations des personnes atteintes par cette maladie. Elle donne aux
patients et à leur entourage, les moyens de s’impliquer personnellement dans le
processus de la prise en charge.
Cette charte est le fruit de cinq jours d’assises durant lesquelles plusieurs acteurs (PNLT, Secrétariat Général du ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, Division des affaires juridiques, PNLS, des Points focaux TB du Grand Lomé, plateaux, Sotouboua, DPS Oti, et ATBEF) ont également revisité les historiques épidémiologiques de la maladie et la problématique de la lutte contre la tuberculose.

Pour le clin
d’œil à l’histoire, la tuberculose est une maladie due à un microbe, un bacille
appelé Mycobacterium tuberculosis ou Bacille de Koch (B.K). Cette maladie a été
découverte le 24 mars 1882 par le Dr Robert Koch, mais était déjà connue depuis
des milliers d’années. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Hippocrate la
décrivait notamment comme la phtisie. Elle touche les poumons, mais peut
également s'attaquer au reste du corps. On distingue : la tuberculose latente
(cas où votre système immunitaire est solide et maintient la tuberculose sous
contrôle) de la tuberculose active (maladie) qui se décline en TB pulmonaire,
et en TB extra-pulmonaire. Les personnes atteintes bénéficient d’interventions
comme la prise en charge ambulatoire ou l’hospitalisation (sous DOT hospitalier
ou communautaire). Ils disposent également du dépistage de la co-infection au
VIH ; de la recherche des contacts ; de l’appui nutritionnel et de la
protection sociale.
La charte des
patients tuberculeux est déclinée en droits et en obligations. Les patients TB
ont le droit à la vie, au libre choix du prestataire de soin et du centre de
santé, ils ont également droit à la santé et au traitement, à la dignité
humaine pour ne citer que cela.
Cependant,
les patients ont aussi des obligations. Ils doivent partager les informations
sur leur état de santé, suivre le traitement, coopérer dans le suivi du
traitement et respecter les mesures barrières.
Il
faut souligner également que la charte établit la manière dont les malades, la
communauté, les autorités sanitaires à la fois publiques et privées, ainsi que
les gouvernements, peuvent travailler en partenariat dans une relation ouverte
et positive, dans le but d’améliorer les soins et d’augmenter l’efficacité des
processus de santé. Cela permet à chacun d’être plus responsable vis-à-vis de
soi et vis-à-vis des autres.
Source : PNLT