Insomnie : causes et traitements
- Posted on 30/07/2025 18:45
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Si le stress et l’anxiété sont les facteurs de risque d’insomnie les plus connus et les plus fréquents, d’autres maux et situations du quotidien insoupçonnés peuvent être à l’origine de ce trouble du sommeil.
Si le stress
et l’anxiété sont les facteurs de risque d’insomnie les plus connus et les plus
fréquents, d’autres maux et situations du quotidien insoupçonnés peuvent être à
l’origine de ce trouble du sommeil.
Au Togo et
dans le monde, une proportion significative de la population est
concernée par l’insomnie. Pour le commun, une insomnie est
le fait de ne pas dormir correctement même si c’est seulement une nuit ou deux. L’idée de l’insomniaque qui ne ferme pas l’œil
de la nuit est erronée : Beaucoup de personnes, dès qu’elles n’ont pas dormi
une heure ou deux, affirment qu’elles n’ont pas dormi de la nuit. Mais en fait,
cela est rarissime. Dans ces cas-là, il s’agit plus d’insomnies ponctuelles ou transitoires.
Qu’est-ce vraiment une insomnie, au sens pathologique
du terme ?
C’est une difficulté persistante à dormir pendant au moins quatre semaines consécutives et une
majorité de nuits par semaine. On dit alors que l’insomnie est chronique. Celle-ci englobe d’ailleurs
plusieurs troubles : il y a les insomnies de début de nuit, c’est-à-dire les difficultés et les retards
d’endormissement, celles de milieu de
nuit caractérisées par des réveils nocturnes fréquents et qui durent
plus de 20 minutes, et celles de fin de
nuit lorsque la personne se réveille beaucoup plus tôt qu’à son
habitude. Puis, globalement, le fait que le sommeil ne soit pas réparateur.
Qu’elle soit
de courte ou de longue durée, l’insomnie découle dans la grande majorité des
cas du stress et de l’anxiété. C’est la cause la plus fréquente. Elle se traduit par des difficultés
d’endormissement et/ou des réveils nocturnes multiples. Il s’agit en fait d’un
emballement de l’horloge de l’éveil
: par définition, les hormones du
stress sont éveillantes, mais elles continuent de l’être le soir et la
nuit alors qu’elles ne devraient plus fonctionner. Mais il existe pléthore de
causes d’insomnie, certaines bien souvent insoupçonnées, trouvant leur origine
dans l’hygiène de vie.
Trop de lumière et de bruit le
soir
Il faut éteindre tous les écrans : télévision, smartphone, tablette,
ordinateur au moins 1h30 à 2h avant l’heure à laquelle on doit se coucher,
selon l’horloge biologique de chacun. En cause : la lumière bleue qu’ils
émettent. La lumière bleue a un effet de blocage sur la sécrétion de la mélatonine,
l’hormone du sommeil normalement fabriquée par le cerveau le soir. Elle sera
donc fabriquée de façon retardée si l’on regarde des écrans le soir.
Le bruit dans la chambre est également
une source d’insomnie à laquelle prêter attention : c’est un mal très fréquent, surtout dans les
villes, qui entraîne de façon chronique une altération de la qualité du sommeil. Attention donc à
l’environnement sonore du logement, du voisinage.
Les apnées du sommeil
Les apnées du sommeil sont souvent longtemps ignorées. Elles
se traduisent au début par une sensation de nuit non récupératrice. Il s’agit d’une maladie caractérisée par
de fréquents arrêts de respiration pendant le sommeil.
Cette
pathologie est dangereuse si non
diagnostiquée et non traitée. Il est en effet avéré que sur le long terme,
l'apnée du sommeil augmente les risques de maladies cardiovasculaires et ainsi de
décès.
Faire du sport après 16h
Les effets
du sport en soirée sur le
sommeil sont controversés. Si certains affirment qu’il aide à mieux dormir,
d’autres pensent le contraire : faire du sport ou pratiquer une activité
physique assez intense a pour effet d’échauffer
le corps. Or, pour pouvoir s’endormir, on a besoin que la température du
corps diminue. En plus, cela excite le cerveau, ce qui peut être une cause de
retard d’endormissement. Alors le sport, oui, mais pour profiter pleinement de
ses bénéfices, il conviendrait de ne pas
en faire après 16h. Il convient toutefois d’être attentif à son
organisme et à sa réaction face au sport au-delà de ces heures.
Une chambre trop chauffée
Il peut être
tentant de surchauffer sa
chambre pour se sentir comme dans un petit cocon. Mais votre sommeil risquerait
d’en pâtir, notamment car la respiration
pourrait être gênée : parce
qu’on a des capteurs de température
dans les fosses nasales, il est recommandé
que l’air qu’on respire dans la chambre soit entre 18 et 25°C avec une
humidité suffisante. De l’air trop sec, trop froid ou trop chaud peut
nuire à la santé.
A cela
s’ajoute que la chambre doit
être bien aérée, quel que soit
le jour de l’année, en ouvrant les fenêtres pendant dix minutes avant de se coucher, pour renouveler l’air. Car pollution intérieure et mauvaises odeurs entraînées par les produits
ménagers, les désodorisants et autres peuvent véritablement gêner la qualité de la
nuit.
Un repas trop lourd et pris
trop tard le soir
Le rythme de
vie effréné peut pousser à prendre le repas du soir trop tardivement mais
également adopter de mauvaises habitudes alimentaires. Or, la qualité du
sommeil peut être entravée par un dîner
trop lourd, pris trop tard.
Le soir, il faut que le repas soit terminé au moins 1h30 à 2h avant l’heure à laquelle on doit se coucher, pour que la
digestion ait le temps de se faire. Et il
faut manger léger, car le gras
retarde la digestion.
Parmi les aliments à bannir avant
d’aller se coucher, on a la viande
et les sucres à index
glycémique (IG) élevé ; ils ont un effet excitant. L’alcool également rend somnolent, et déstructure les cycles du
sommeil. Au contraire, il convient de privilégier les féculents, qui fournissent des sucres lents (sucres à IG bas) et
les légumineuses : ils
favorisent la sécrétion de mélatonine et assurent ainsi un endormissement plus
facile et un sommeil apaisé.
Autres causes
Certaines
maladies organiques peuvent être en cause dans l’insomnie, comme une hyperthyroïdie, le syndrome des
jambes sans repos ou encore un asthme
nocturne. Les troubles de la santé mentale également,
comme le stress et l’anxiété chroniques.

L’anxiété de l’insomnie
Quelle que
soit la cause de ce trouble du sommeil, c’est l’anxiété de l’insomnie qui en
devient la source principale. C’est-à-dire que si l’on a mal vécu une ou deux
nuits non réparatrices, avec des éveils nocturnes, on va se coucher avec la crainte que cela se reproduise. Avant
de dormir, passer à un état d’esprit
positif.
Les risques liés à l’insomnie sont « majeurs » : le cerveau travaille beaucoup plus la nuit que le
jour. Pendant le sommeil, il régule les sécrétions
hormonales et les défenses
immunitaires se refont une santé. Ainsi, à court terme, l’insomnie peut
nous rendre plus vulnérable aux virus.
A long terme, on va être plus vulnérable à l’hypertension, au surpoids, au diabète, aux
maladies cardiovasculaires, aux problèmes métaboliques, aux maladies
auto-immunes comme les maladies de peau, les
maladies endocriniennes ou encore les cancers.
Autre fonctionnement qui se régénère
pendant le sommeil : le psychologique et l’émotionnel. L’insomnie va entraîner
de l’anxiété, de l’irritabilité.
Cela devient un joli cercle vicieux : on devient plus vulnérable au stress, mais le stress est un facteur
d’insomnie. Un sommeil mal géré peut également entraîner des difficultés de concentration et des troubles de la mémoire.
Le traitement dépend de la cause
Le
traitement de l’insomnie dépend de sa cause. Si le problème peut être corrigé
assez rapidement en respectant les règles
d’hygiène de vie précédemment citées, les choses se complexifient
lorsqu’il s’accompagne de stress
et d’anxiété. Cela relève d’un abord psychothérapeutique, afin
d’avoir des outils efficaces de gestion du stress. Eviter surtout la prise de psychotropes, qui comprennent les anxiolytiques, les somnifères et les antidépresseurs notamment :
le stress n’est pas à soigner en premier lieu avec des médicaments.
William O.
Article validé par Dr
Jean-Claude Bakpatina, Médecin généraliste à la clinique « Floreal »
de Lomé